Article 74 CPC : Code de Procédure Civile Expliqué

Publié le 15 septembre 2025 Par Stephane

Tu viens de recevoir une assignation et tu te demandes comment contester la procédure ? Tu as entendu parler de l’article 74 CPC mais tu ne sais pas vraiment comment l’utiliser ? 🤔

Pas de panique ! L’article 74 du Code de procédure civile est effectivement un texte fondamental qui régit la façon dont tu peux soulever des exceptions de procédure. Mais attention, il y a des règles très strictes à respecter sous peine de voir tes exceptions rejetées !

Découvre donc tout ce qu’il faut savoir sur cet article clé et comment bien l’utiliser pour défendre tes droits devant le tribunal ! 💪

L’essentiel à retenir

  • Principe fondamental : Les exceptions de procédure doivent être soulevées simultanément et avant toute défense au fond sous peine d’irrecevabilité
  • Règle in limine litis : Même les règles d’ordre public sont concernées par cette obligation temporelle
  • Dérogations légales : Les articles 103, 111, 112 et 118 CPC permettent certains aménagements à cette règle stricte
  • Quatre catégories : Incompétence, litispendance/connexité, exceptions dilatoires et nullités avec des règles distinctes
  • Compétence : Le juge de la mise en état statue sur les exceptions après sa désignation (articles 789 et 794 CPC)
  • Communication de pièces : Demander la communication de pièces n’entraîne pas l’irrecevabilité des exceptions

🍒 Qu’est-ce que l’exception de procédure selon l’article 74 CPC ?

L’article 74 du Code de procédure civile pose un principe fondamental : ‘Les exceptions de procédure doivent, à peine d’irrecevabilité, être soulevées simultanément et avant toute défense au fond ou fin de recevoir.’

Concrètement, une exception de procédure est un moyen qui vise à contester non pas le fond du litige, mais la régularité de la procédure elle-même. Tu peux par exemple contester la compétence du tribunal, invoquer une nullité de procédure, ou encore soulever une exception de litispendance.

Le principe in limine litis (au seuil du procès) impose que tu soulèves toutes ces exceptions dès le début de la procédure. Pas question d’attendre de voir comment le procès évolue pour ensuite invoquer un vice de procédure ! Cette règle vise à éviter les manœuvres dilatoires et à garantir une bonne administration de la justice.

Ce qui est particulièrement important, c’est que cette obligation s’applique même aux règles d’ordre public. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le fait qu’une règle soit d’ordre public ne dispense pas de la soulever en temps utile devant le tribunal.

🍇 Les dérogations à la règle : quand l’article 74 CPC s’assouplit

Heureusement, le législateur a prévu quelques dérogations à cette règle stricte. Plusieurs articles du Code de procédure civile permettent en effet de soulever certaines exceptions plus tardivement.

L’article 103 CPC permet par exemple d’invoquer la connexité même après avoir présenté ses défenses au fond. De même, l’article 111 CPC autorise certains délais supplémentaires pour les exceptions dilatoires dans des cas particuliers.

L’article 112 CPC et l’article 118 CPC prévoient également des aménagements spécifiques pour les nullités de fond et certaines nullités de forme. Ces textes reconnaissent que parfois, les circonstances peuvent justifier qu’une exception soit soulevée plus tardivement.

La jurisprudence a aussi développé quelques tempéraments. Tu peux notamment soulever une exception en réponse à une demande incidente de ton adversaire, ou dans certaines circonstances très précises où l’application stricte de l’article 74 conduirait à un déni de justice.

Il faut aussi noter qu’une simple demande de communication de pièces ne fait pas perdre le droit de soulever des exceptions. Cette précision est importante car il arrive souvent qu’on ait besoin de certains documents pour bien cerner les enjeux procéduraux.

🍋 Les quatre types d’exceptions et la compétence du juge

Le Code de procédure civile organise les exceptions en quatre grandes catégories, chacune avec ses règles particulières :

L’exception d’incompétence (articles 75 et suivants) te permet de contester le fait que le tribunal saisi soit compétent pour juger ton affaire. Attention, il faut distinguer l’incompétence territoriale de l’incompétence matérielle !

L’exception de litispendance et de connexité (articles 100 et suivants) intervient quand une autre procédure est déjà en cours entre les mêmes parties ou quand plusieurs affaires liées pourraient être jugées ensemble.

L’exception dilatoire (articles 108 et suivants) vise à obtenir un délai supplémentaire pour préparer sa défense. C’est le cas par exemple du bénéfice de discussion ou du bénéfice de division.

Enfin, l’exception de nullité (articles 112 et suivants) permet de contester un vice dans la procédure, qu’il s’agisse d’une nullité de forme ou de fond.

Concernant la compétence pour statuer sur ces exceptions, les articles 789 et 794 CPC confient cette mission au juge de la mise en état lorsqu’il a été désigné. Cette centralisation permet une meilleure gestion des incidents de procédure et évite la dispersion des décisions.

Le juge de la mise en état peut d’ailleurs statuer sur ces exceptions par ordonnance, ce qui accélère le traitement des affaires. Si l’exception est accueillie, il peut soit dessaisir le tribunal, soit ordonner la régularisation de la procédure selon les cas.

Pour bien invoquer une exception, assure-toi de respecter le calendrier procédural, de présenter des conclusions motivées et d’apporter les preuves nécessaires. N’oublie pas que l’irrecevabilité guette si tu ne respectes pas les délais imposés par l’article 74 CPC !

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